Revisiter le passé pour construire la paix de demain

Le pasteur Christian Krieger et le professeur Johnston McMaster lors de la visite de Versailles. Foto: CEC/Alžběta Slámová

*Par Gérald Machabert

C’est à Versailles que la Conférence pour la paix, qui se tient dans les locaux de l’Institut protestant de théologie de Paris du 10 au 12 septembre, a débuté. Cent ans après la signature du Traité de Versailles qui a mis fin à la Première Guerre mondiale, les 60 participants de cette Conférence organisée par la Conférence des Églises européennes (KEK) ont ainsi plongé dans une revisitation du passé, permettant d’analyser les racines des conflits et des tensions actuelles à l’échelle européenne et mondiale, pour imaginer des pistes constructives et créatives en faveur de la construction de la paix à venir.

« En visitant la galerie des glaces à Versailles, cet après-midi, j’ai pris conscience qu’en 1919, dans cette pièce, mes quatre grands-parents sont alors devenus français par l’effet de la signature de ce Traité », a souligné le pasteur Christian Krieger, président de la Conférence des Église européennes, originaire de Strasbourg. Dans son discours d’ouverture, il a rappelé que les « hautes espérances [de la Conférence pour la paix de Paris de 1919] avaient été déçues et ses promesses étaient restées inassouvies. »

Lors de la conférence d’ouverture, le professeur Johnston McMaster, du Trinity College de Dublin, a détaillé les raisons de cet échec de la Conférence pour la paix de 1919. « Il y a six éléments importants et inséparables pour la construction de la paix et la réconciliation : socio-politique, socio-économique, socio-légal, socio-environnemental, socio-psychologique et socio-spirituel. » Pointant qu’une vision économique doit s’ancrer dans la justice, restaurative et redistributive, il conclut que c’est certainement sur cette dimension, entre autres, que la Conférence de 1919 a échoué.

La deuxième journée de la Conférence pour la paix s’est donc attachée à approfondir les racines de la violence et des conflits qui traversent notre monde : les origines des tensions au Moyen Orient, le développement durable et le contexte économique face aux populismes, l’importance du dialogue interreligieux dans la construction de la paix…

Le rabbin David Rosen, du Comité juif américain ainsi rappelé que « les relations interreligieuses ont un rôle critique à jouer. Tendre la main pour accueillir les autres donne aux communautés et à leurs membres le sentiment profond qu’ils sont acceptés par les autres communautés et les aide à ses sentir comme partie prenante d’un cercle plus large d’identification, plutôt que d’en être rejetés. »

Ces trois jours de conférence se concluront jeudi 12 septembre par des échanges visant à l’élaboration d’un « Traité de Paris pour la paix » à destination des Églises membres de la KEK pour leur fournir des outils pour qu’elles deviennent à leur tour actrices de paix dans leurs différents contextes.

*Gérald Machabert, pasteur et informateur régional de l’Église protestante unie de France

Lire la suite: Ouverture de la Conférence pour la paix de la KEK : Tirer les leçons du passé pour envisager l’avenir

Discours et allocutions de la Conférence pour la paix de la KEK

Photos de la Conférence pour la paix de la KEK

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