Le colloque CALL se penche sur la numérisation, l’avenir du travail et les relations sociales

Communiqué de presse n° : 18/16
27 avril 2018
Bruxelles

Le réseau de la KEK, Action des Églises sur le travail et la vie (CALL), a rassemblé plus de cinquante universitaires, théologiens et membres du réseau CALL pour un colloque portant sur « La numérisation et l’avenir du travail et des relations sociales ». Le colloque s’est tenu du 23 au 25 avril à Berlin.
Les thèmes abordés étaient « la numérisation et la transformation des secteurs de la fabrication et des services », « la numérisation et l’économie du gig et des plateformes » et « numérisation – relations sociales – cohésion sociale ».

Lors du colloque, Irmgard Nübler, de l’Organisation internationale du travail, a analysé les tendances de fond de la numérisation et de l’avenir du travail. Elle a souligné qu’après une période de destruction des emplois, le marché du travail pourrait entrer dans un « âge d’or de la création d’emploi ». Elle a souligné que les changements technologiques ne devraient pas être perçus comme une fatalité, mais que les gouvernements et les mouvements sociaux doivent façonner et définir les objectifs et le cadre de ces évolutions. Le marché ne s’en chargera pas.

Mikko Perälä, entrepreneur finlandais dans le domaine des répercussions sociales, a souligné les possibilités qu’offrent les nouvelles technologies. Il a présenté un projet de coopération avec des personnes handicapées au Bangladesh et au Pakistan via une plateforme qui garantit un salaire bien au-dessus de la moyenne et qui finance la construction de la communauté.
Tony Hey, scientifique en chef au Conseil des centres scientifiques et technologiques du Royaume-Uni, a souligné l’importance considérable de l’éducation. Il a déclaré que l’éducation ne doit pas uniquement apporter les compétences nécessaires, mais également la capacité culturelle à utiliser la technologie. Il a décrit la rapidité des changements qui est vécue comme une rupture ayant des conséquences sociales et politiques.

Martin Beckmann, responsable de la politique des services du syndicat Ver.di, s’est dit préoccupé par les modèles de travail et d’entreprises nouveaux. Il a déclaré que ces modèles excluent de la sécurité sociale et des droits du travail les personnes qui sont considérées comme travailleurs indépendants.
Eugenio Leanza, de la Banque européenne d’investissement, a souligné l’évolution des relations entre les finances, le marché du travail et le développement de l’espace urbain. Il a affirmé que cet espace présente une infrastructure différente dans une économie numérique et de plateformes que dans une économie industrielle.

Torsten Meireis de l’Université Humboldt de Berlin, a présenté une réflexion d’un point de vue théologique et socio-éthique protestant sur le « bon travail » comme appel, qui pourrait aider à surmonter la fracture numérique. Il a souligné que chacun est appelé par Dieu à servir librement son prochain. Ainsi, dans le processus de numérisation, les critères de bon travail sont la reconnaissance d’une personne, le partage de la sécurité et de la richesse, la participation politique et la possibilité de mener une vie agréable.

Radu Preda, président de la faculté de théologie sociale orthodoxe de l’Université de Cluj-Napoca, a apporté une contribution écrite, dans laquelle il exposait le rôle incombant aux chrétiens de dénoncer l’exploitation des travailleurs. Il a signalé les différences concernant le marché du travail en Europe, où certains pays voient nombre de leurs jeunes gagner d’autres pays de l’UE pour trouver un emploi.
Le colloque s’est achevé par une table ronde avec l’évêque Markus Dröge, de l’Evangelische Kirche Berlin-Brandenburg-schlesische Oberlausitz, et le protopresbytre Georgios Basioudis, de la métropole grecque orthodoxe d’Allemagne. L’évêque Dröge a critiqué l’absence de débat public sur les conséquences de la numérisation et les pouvoirs croissants des algorithmes. Le P. Basioudis a mis en évidence la mission subsistante de l’Église en termes de pastorale, de relations et de développement communautaire.

Le secrétaire général de la KEK, le P. Heikki Huttunen, a prononcé une allocution dans laquelle il a déclaré : « Les réseaux tels que CALL approfondissent les réflexions et donnent des opportunités d’échange, ce qui stimule le débat entre nos Églises membres quant à ces questions cruciales. »
Un communiqué intitulé Numérisation et avenir du travail et des relations sociales a été publié à la fin du colloque. Le document reprend les principales réflexions, questions, défis et tâches pour que les Églises puissent les poursuivre au niveau local, national et régional.

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