Les Églises d’Europe esquissent une traduction de l’amour du Christ dans un continent en guerre

Le thème « L’amour du Christ mène le monde à la réconciliation et à l’unité » qui a rassemblé 150 participants d’Églises européennes, les 25 et 26 février, a fortement résonné avec l’actualité du continent, au lendemain de l’invasion russe de l’Ukraine.

La Conférence des Églises européennes (CEC) organisait une pré-Assemblée à l’échelle européenne préparant à la 11e Assemblée du Conseil œcuménique des Églises qui se tiendra à Karlsruhe du 31 août au 8 septembre prochain.

L’actualité ukrainienne a fortement imprégné les échanges des deux jours entre les participants. Le programme avait été intentionnellement modifié dans les heures précédentes pour laisser place aux échanges de nouvelles en provenance d’Ukraine. « Hier matin, la nouvelle de l’entrée de l’armée russe en Ukraine menant l’offensive sur Kiev nous a submergés, consternés, révoltés, dépités », a souligné le pasteur Christian Krieger, président de la CEC.

Dès son message d’ouverture, il a tenu à rappeler que « l’Évangile de Jésus-Christ véhicule un message de paix pour toute l’humanité qui appelle à un profond respect de la dignité de chaque être humain. »

Invitant les chrétiens « à se rassembler dans la prière pour la paix, pour l’issue de cette guerre, pour ses victimes et pour tous ceux qui travaillent à une issue pacifique », Christian Krieger a également lancé un fort appel : « à l’échelle de l’Union européenne, les responsables politiques et la communauté internationale, ne doivent pas économiser leurs efforts pour limiter l’hémorragie du sang innocent et retrouver le chemin du dialogue diplomatique et l’ordre international. »

Pour les 150 participants des Églises orthodoxes, anglicanes et protestantes, cette rencontre au lendemain de l’entrée de l’armée russe en Ukraine était un « moment véritablement apocalyptique, selon les mots de Pavlo Smytsnyuk, dans le sens étymologique du terme : l’apokalypsis est un dévoilement, une révélation. Les Églises se révèlent. Ainsi que les organisations œcuméniques. » Pavlo Smytsnyuk, directeur de l’Institut d’Études œcuméniques à Lviv (Ukraine), avait été invité à partager ses réflexions sur la situation ukrainienne et sur les toutes premières réactions des Églises.

Au-delà de l’Ukraine, les participants ont, pour beaucoup, insisté sur les questions de justice et de repentance pour faire écho au thème de la 11e Assemblée du COE, afin que puissent véritablement se vivre la réconciliation et l’unité. Ainsi, Michel Charbonnier, pasteur de l’Union des Églises méthodistes et vaudoises (Italie), a-t-il appelé à reconnaître que « certes, l’Europe est un lieu de réconciliation, si l’on parle de la France et de l’Allemagne. Mais, c’est également le lieu de l’exportation de conflits ailleurs dans le monde. Aujourd’hui, beaucoup de causes aux migrations trouvent leur origine en Europe, alors que celle-ci se transforme en forteresse. Il nous faudrait parler plus de justice. »

Les participants ont également approfondi leur réflexion sur leur rôle en tant qu’Églises au sein de sociétés européennes où la sécularisation et le pluralisme sont en constante progression. Ils ont entre autres questionné la sécularisation, non seulement comme un défi pour la foi, mais aussi comme offrant des possibilités de travail en partenariat. Les intervenants des deux jours de cet événement ont croisé leurs regards sur la réponse que les Églises peuvent donner à l’appel du Christ à devenir ses disciples, dans la promotion d’un amour transformateur, de communautés inclusives et d’une espérance durable.



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