Robert Balogh : Au service des exclus de l’Europe

Robert Balogh. Photo: Mladen Trkulja/CEC

Sa croix huguenote pourrait laisser supposer que ces ancêtres avaient des racines du côté de la Vallée du Rhône, en France, il n’en est rien. Cette croix, Robert Balogh l’a achetée au musée du protestantisme de Debrecen en Hongrie. Mais, il se reconnaît dans l’histoire des huguenots persécutés au XVIIIe siècle. « Le peuple Rom vit une forme de persécution dans toute l’Europe, plus ou moins affirmée, plus moins physiquement violente. Mais en tous lieux, ils sont les exclus de l’Europe. »

Robert Balogh est certes Rom, mais il est également pasteur-évangéliste, chargé de l’implantation de nouvelles Eglises auprès des Roms, dans le cadre de la mission pour les Roms de l’Eglise reformée de Hongrie. Cela fait donc un an qu’il a été envoyé dans le sud du pays pour développer une petite communauté en agissant plus particulièrement auprès des Roms. « Lorsque je suis arrivé, il n’y avait plus que 18 personnes dans la communautés en tout. Aujourd’hui, nous sommes entre 30 et 40 au culte chaque dimanche. C’est une grande bénédiction de la part de Dieu. »

 

Malgré sa jeunesse et sa vivacité, il reconnaît une forme de fatigue, parfois, face à l’ampleur de la tâche : « La population Rom vit dans la pauvreté, dans des habitats dégradés, est sous-éduquée, connaît un fort taux de chômage… » Dans sa communauté, ils essaient d’agir sur tous les fronts. Une enseignantes donne des cours du soir pour les enfants et les adolescents et éviter le décrochage scolaire. Une entraide tente de venir en aide matériellement aux familles démunies. Les rares employeurs de la communauté jouent la carte de la solidarité autant que possible en proposant des emplois, pour permettre de raccrocher avec le monde du travail.

 

Mais pour Robert Balogh, l’essentiel se situe bien dans la mission de l’Eglise : « j’aimerais que les Eglises encouragent les Roms à rejoindre le Christ, à rejoindre l’Eglise. Mais j’aimerais surtout encourager les membres d’Eglise à inclure les Roms dans leurs rangs, à les considérer comme des forces vives de l’Eglise. » Un pari peut-être tout aussi difficile à tenir que celui de l’inclusion économique : les résistances sont encore vives et certains moments de la vie de son Eglise doivent encore être vécus de manière séparée entre les communautés Roms et non-Roms tant la méfiance de la dernière est grande à l’égard de la première.

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